Nigéria : suspension des taxes à l’importation sur certaines denrées de base

Publié le 09/07/2024

Au Nigéria, la hausse constante des prix des denrées de base depuis deux ans est une préoccupation majeure pour les populations. Dans le pays, cette situation contribue à la détérioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Au Nigéria, les importations de niébé, de maïs, de riz décortiqué et de blé via les frontières maritimes et terrestres bénéficieront de franchises de droits de douane sur les 150 prochains jours. C’est ce qu’a annoncé le 8 juillet, Abubakar Kyari (photo), ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire.

Cette mesure intervient alors que depuis janvier 2023, l’inflation alimentaire est en hausse constante au Nigéria jusqu’à atteindre en mai 2024, 40,66 % soit son plus haut niveau depuis près de 30 ans et le 3ème mois consécutif au-dessus de la barre des 40 %, selon les données du Bureau national des statistiques (NBS).  

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Dans le pays le plus peuplé d’Afrique, la hausse du prix de l’essence et des coûts des transports, la persistance des conflits et de l’insécurité dans certaines régions productrices de denrées alimentaires ainsi que les conséquences du changement climatique ont contribué à la détérioration de l’accès des ménages à la nourriture.

D’après M. Kyari, l’exonération fiscale sera accompagnée par la fixation d’un prix de vente au détail recommandé pour les produits concernés qui seront importés par les acteurs du secteur privé. Par ailleurs, indique le responsable, le gouvernement envisage aussi d’importer 250?000 tonnes de blé et 250?000 tonnes de maïs à l’état semi-transformé qui seront destinés à l’approvisionnement des petits transformateurs et les minotiers.

Plus globalement, il faut noter que dans le pays, les denrées les plus consommées comme le riz, la tomate, l’oignon, l’huile de cuisine, le poulet congelé, la farine de blé, l’igname comptent parmi les articles les plus touchés par l’inflation.

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Alors que la hausse des prix alimentaires est un défi supplémentaire pour les ménages nigérians qui consacrent déjà en moyenne 50 % de leurs revenus à l’alimentation, selon le FMI, le gouvernement a multiplié depuis un an, les mesures d’intervention. Après avoir déclaré l’état d’urgence le 13 juillet 2023, les autorités ont annoncé le déblocage d’une enveloppe de 500 millions $ pour financer la chaîne de production agricole et ordonné la libération d’un stock de 200?000 tonnes de céréales pour distribution aux familles les plus vulnérables.  

Plus tard dans l’année en octobre dernier, les autorités ont entamé le versement en cash de 25?000 nairas pour trois mois aux ménages vulnérables afin de leur permettre d’accéder à l’alimentation, de financer les frais de scolarité ou encore faire face au coût de l’électricité. Ce programme vise 15 millions de personnes pour un montant évalué à 1,5 milliard $.   

Espoir Olodo

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