
Le rapport de la FERDI souligne que les fonds basés en Afrique représentent près de 40 % de l’ensemble des véhicules d’investissement d’impact opérant sur le continent, et qu'ils concentrent près de 60 % du total des actifs sous gestion.
Les fonds d’investissement d’impact opérant en Afrique disposent de 70 à 80 milliards USD d’actifs sous gestion, et près de la moitié d’entre eux ont une activité ciblant exclusivement le continent, selon un rapport publié le mardi 18 novembre 2025 par la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (FERDI). Intitulé « Actualisation de la cartographie de l’investissement d’impact en Afrique 2025 : quantifier l’empreinte africaine », ce dernier met à jour une cartographie préliminaire de l’investissement d’impact publiée en 2024, limitée notamment par l’absence d'informations sur le volume globalement investi et l’activité réelle de chaque fonds actif, autrement dit son « empreinte africaine ».
L’actualisation de la liste d'investisseurs d’impact montre que le nombre total de fonds opérant en Afrique et répondant aux concepts fondamentaux de l’investissement d’impact (recherche d’un retour financier, intention préalable de générer des rendements extra-financiers, volonté de mesurer et de publier les impacts, équipes dédiées à la mesure de l’impact) s’élève à 250. Pour mesurer la part des investissements pour chacun des fonds identifiés, les auteurs ont combiné deux approches de manière séquentielle. Certains investisseurs ont fourni la liste de leurs engagements, permettant de connaître précisément la part du continent dans le portefeuille de chaque fonds. L’empreinte africaine de 81 investisseurs a été mesurée par cette méthode.
Pour les autres dont les données granulaires n’étaient pas disponibles, l'identification de l’empreinte africaine a été réalisée en s’appuyant sur des données de sites web et de documents produits par ces fonds. Ainsi, 114 fonds ont été identifiés comme actifs sur l’Afrique à 100 %. Pour les 55 fonds dont la part africaine est inconnue, plusieurs scénarios ont été pris en considération. Ces scénarios vont d’une part de 0 % (borne basse) à la médiane (40 %), en passant par une valeur intermédiaire de 20 % et un cas selon lequel ces fonds auraient un portefeuille à 100 % africain (borne haute).
Les fonds axés sur l'Afrique restent prédominants
Il en ressort que les estimations d'actifs sous gestion de l’ensemble des fonds d’impact opérant en Afrique sont comprises entre 59 milliards (borne basse) et 111 milliards (borne haute) USD, avec une valeur plus probable de 70 à 80 milliards USD. Ces estimations sont relativement cohérentes avec les données produites par le Global Impact Investing Network (GIIN). Selon ces données, l’investissement d’impact dans le monde représentait 1571 milliards USD d’actifs sous gestion en 2023, dont seulement 6 % pour l’Afrique, soit 94 milliards USD.
Il faut noter que la valeur des actifs sous gestion des investisseurs d’impact en Afrique représente un stock et non un flux annuel d’investissements. En partant sur une rotation des actifs comprise entre 5 et 7 ans, le flux annuel d’investissements s'y situerait plutôt entre 10 et 16 milliards USD par an. Ce montant n’est pas négligeable, mais il représente toujours moins de 1 % du PIB continental, alors que les investissements directs étrangers (IDE) ou l’aide au développement (APD) représentent entre 2 et 3 % du PIB.
Quoi qu’il en soit, les chiffres reflètent un secteur en pleine maturation. Le rapport souligne que 124 fonds d’impact opèrent exclusivement en Afrique sur les 195 pour lesquels les données du portefeuille dédié à l’Afrique sont disponibles. Ainsi, même en supposant que tous les fonds pour lesquels les données sont indisponibles n’opèrent pas à 100 % sur le continent, cela signifie que près d’un fonds sur deux se consacre exclusivement à l’Afrique (124 sur 250). S’agissant de l’origine des fonds, 46 pays, dont 32 africains, ont été identifiés. Les fonds basés dans des pays africains représentent près de 40 % de l’ensemble des véhicules d’investissement d’impact recensés, et en gèrent près de 60 % des actifs sur le continent.
Une observation plus poussée par pays d’origine montre que les États-Unis représentent plus d’un cinquième du nombre de fonds, suivis de l’Afrique du Sud et des Pays-Bas (autour de 10 %). En termes d’activité réelle, les fonds sud-africains sont cependant largement dominants, puisqu’ils concentrent 43 % du total des actifs sous gestion en Afrique. Cela s’explique par le fait que la quasi-totalité des 27 fonds sud-africains n’opèrent que sur le continent, qu'ils figurent aussi parmi les plus importants.
Walid Kéfi
Edité par : Feriol Bewa
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