
Alors que l’Egypte occupe le deuxième rang dans le classement mondial des pays abritant les plus importantes réserves de phosphates, le projet permettra au pays d’ajouter une plus grande valeur à ce minerai en fabriquant des engrais et des matériaux utilisés dans la production de batteries électriques.
Le groupe chinois Kunming Chuan Jin Nuo Chemical (CJN) a signé, le jeudi 27 novembre, un accord avec la société égyptienne El Sewedy Industrial Development pour construire un complexe chimique intégré dédié à la fabrication de plusieurs produits phosphatés en Égypte, pour un investissement de 1 milliard de dollars.
Le complexe sera installé sur une superficie de 905 000 m2 dans la zone industrielle de Sokhna, située dans la zone économique du canal de Suez (SCZONE), selon des données dévoilées lors de la cérémonie de signature de l’accord relatif au projet, qui s’est déroulée en présence du Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly.
Le projet sera réalisé en trois phases. La première phase devrait débuter en 2026, et son exploitation commerciale est prévue pour 2028. Elle sera axée sur l'augmentation de la valeur ajoutée du minerai de phosphate égyptien, grâce à la production d'acide phosphorique et d'engrais de types phosphate diammonique (DAP) et triple superphosphate (TSP) pour une capacité annuelle de 300 000 tonnes de chaque produit.
La deuxième phase, qui devrait démarrer en 2029 et être opérationnelle d'ici 2031, permettra d’étendre la production du complexe aux produits chimiques phosphatés de haute pureté, notamment l'acide phosphorique purifié (PPA) de qualité industrielle et alimentaire, ainsi que le phosphate monopotassique (MKP). Ces deux produits seront fabriqués pour la première fois au Moyen-Orient.
La troisième phase, qui débutera en 2032 et dont l'exploitation commerciale est prévue pour 2034, se concentrera sur la production de matériaux énergétiques nouveaux, en particulier ceux utilisés dans la production de batteries pour véhicules électriques. Les principaux produits seront le phosphate de fer lithié (LFP) et le dihydrogénophosphate de lithium.
Un centre de recherche & développement
Le projet comprend par ailleurs la création d'un centre de recherche & développement spécialisé dans les technologies chimiques à base de phosphate. Prévu pour être lancé en même temps que la première phase, le centre favorisera le transfert de technologies et renforcera les capacités de l'Égypte dans le domaine de la fabrication de produits chimiques à haute valeur ajoutée.
A terme, le complexe chimique doit permettre de créer environ 10 000 emplois directs et indirects. La majeure partie de sa production est destinée à des marchés situés en Asie du Sud, au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique du Sud.
Avec des réserves estimées à 2,8 milliards de tonnes, l’Egypte occupe le deuxième rang dans le classement des pays abritant les plus grandes réserves de phosphate derrière le Maroc, selon des données publiées en mai 2024 par le fournisseur de données World Population Review. Sa production de ce minerai s’élève à plus de 16 millions de tonnes par an.
Walid Kéfi
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